les principes

Category: 2001 … Institut du Fleuve, Historique 8

L’Institut du Fleuve

 

Enraciné dans une fidélité 


 

« Je suis un vieux monsieur aux portes de la mort et la manière dont Dieu me traitera me préoccupe plus que l’opinion plus ou moins flatteuse que l’on pourrait avoir de moi ou de mon œuvre. Avec mes limites, j’ai tenté et je continue de tenter d’aimer en profondeur ces enfants que la Providence a placés sur ma route.

 Je n’ai jamais été préoccupé beaucoup par les questions d’argent.. Quels que soient les avantages matériels qui peuvent nous être offerts, nous ne devons nous lier à aucun parti politique, chacun a son opinion, peut appartenir à un parti, mais ce doit être discret et jamais l’association ne doit être mêlé aux opinions de ses dirigeants.

 Nous assistâmes en 1975 à la ruée d’une vague de calomnies sur notre action. Le plus douloureux fut de constater que la campagne de dénigrement se noua autour de quelques-uns des anciens qui, sans doute par peur, non seulement confirmèrent les dires des communistes, mais allèrent encore plus loin, fournissant de faux détails et renchérissant dans l’ignominie. Dans un premier temps, de tels faits nous blessèrent terriblement; puis nous avons compris que la calomnie fut pendant des mois la clé d’une certaine tranquillité et nous pardonnâmes.

 L’Association a été fondée à partir de jeunes, et aujourd’hui encore le problème des jeunes demeure l’une de ses priorités. Notre action auprès de ceux qui nous sont confiés par le Seigneur, est un véritable sacerdoce. Nous devons nous donner corps et âme à ce travail d’éducateur, d’exemple d’une vie chrétienne pour en faire au moins des hommes honnêtes. Nous avons un apostolat à conduire auprès d’eux. Prions d’abord pour que le Seigneur les appelle et aimons les d’un amour évangélique en montrant ce qu’est le visage de Dieu, en transmettant Son amour, mais en laissant chacun libre de sa foi.

 Qui accepterait un mode de vie, une foi proposée par quelqu’un qu’il n’aimerait pas, qui serait pour lui un « fonctionnaire » ? Nous devons donc être à la fois le père exigeant et la mère douce qui cherche surtout à comprendre gestes et paroles de l’enfant, de l’adolescent et par cet amour le guider avec toute la fermeté mais aussi la discrétion qu’exige cet age de l’adolescent et même du jeune adulte. Parce que je les aime, et surtout parce que je suis de fait le père, d’aucuns disent le grand-père, qu’ils n’ont plus ou qu’ils n’ont jamais eu, il acceptent – parfois difficilement, mais ils acceptent – que leurs « pendules » soient « remises à l’heure »…

 Nous devons aimer particulièrement les plus pauvres, les plus démunis de moyens matériels,  spirituels, intellectuels. Ce sont ceux qui nous donnent le plus de soucis par leur indiscipline, parfois leur violence qui doivent faire l’objet de nos soins particuliers. Il peut nous arriver de devoir renvoyer l’un d’eux pour des questions de conduite, de discipline grave et répétée : ce ne doit être qu’exceptionnel et nous ne devons pas les abandonner pour autant.

 Mes choix depuis trente ans : offrir aux jeunes qui nous arrivent, traumatisés ou blessés par la vie et l’indifférence, un foyer ou une famille dans lesquels leur seront offerts vivre et couvert, bien sûr, mais surtout attention et amour. Je dis bien « amour » : qu’on ne s’y trompe pas! L’amour est exigeant, il peut être synonyme de rigueur et de rappels à l’ordre. Il m’arrive d’être sans concession avec mes garçons : ils sont traversés comme tout un chacun par les pulsions et les contradictions de leur âge. Je me dois donc – car nous sommes une famille – de les confronter, quand le besoin s’en fait sentir, aux inconvénients de telle habitude, de telle attitude.
 

Le travail administratif, les surveillances, le soutien scolaire et mille détails occupent beaucoup notre vie mais ne nous laissons pas prendre à ce piège pour oublier l’essentiel : la prière qui peut seule nous permettre d’accomplir notre tache. Prière toute simple en dehors des prières rituelles : après une visite, une pensée pour Dieu qui nous aidera à solutionner le problème que l’on vient de nous exposer – une invocation entre deux dossiers. Ainsi toute notre journée sera une prière. »

 Extrait de textes de René Péchard confiés à Jean-Claude Didelot

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« Nous devons sans cesse nous interroger sur l’optimisation de nos moyens et l’adaptation de notre organisation qui ne doit jamais s’inspirer de notre confort personnel mais du meilleur service à rendre à nos partenaires (jeunes hébergés, parrains et donateurs en amont, responsables de programmes en aval).

En conduisant des jeunes de l’analphabétisme à des études supérieures qui leur permettront de se substituer à nous, nous enclenchons un effet de levier dans la ligne du principe de subsidiarité qui nous a toujours guidés….. S’investir aux Enfants du Mékong, c’est servir…»

 

Jean-Claude Didelot in « Orientations année 2000 »

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