René Péchard « père » des bambous

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Dés les débuts de son œuvre au Laos, René Péchard fit venir de jeunes volontaires de France. On ne les appelait pas encore « bambous » de même qu’on n’appelait pas encore l’association « Enfants du Mékong ». Peu importe ! Commémorer le cinquantenaire de l’une c’est aussi commémorer le quarantième anniversaire des autres. Dans l’un et l’autre cas, l’initiative en revient à René Péchard.


Il s’exprime d’ailleurs sur cette question dans son entretien avec Jean-Claude Didelot, entretien repris dans l’ouvrage « Piété Filiale ». Nous extrayons ici un court passage d’une action qui fut généralement féconde

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Premiers volontaires au Laos

 

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Frère Joël 

« En 1967, le gouvernement français m’avait fait cadeau du premier coopérant catholique. Il est resté deux ans, comme tous les jeunes qui, sans être militaires, font leur service national dans une œuvre ou dans un service public.  Tous les deux ans, nous en avons vu arriver : un, puis deux, puis trois, puis quatre, envoyés pour la plupart par des organismes catholiques, via le ministère de la Coopération. J’ai perdu le contact avec le premier d’entre eux. Pour ce qui est des autres, je suis resté en relation avec le père Baudry, qui assume ou a assumé la responsabilité du grand séminaire de Nantes, et le père Joël, prêtre chez les prémontrés, à l’abbaye de Mondaye. C’est là, grâce à lui, que nous avons organisé la première rencontre de l’Association. Il y a aussi Jean Peronnot, qui a été ordonné en 1985 dans la Compagnie de Jésus. Pour ce qui concerne les autres, l’un est contrôleur des chemins de fer; quant au dernier, je sais qu’il jouit d’une situation tout à fait satisfaisante… »

 

A partir de 1975, le changement de régime dans les trois pays d’Indochine nous obligea à suspendre ces missions, et, cela jusqu’en 1987 où il redevint possible de nous faire représenter dans les camps de Thaïlande et auprès de nos premiers programmes dans ce pays. C’est ainsi que, sur sa demande, je recrutai en 1987 un volontaire en la personne d’Olivier Dauphin qui cherchait un stage de fin d’études dans le cadre de son cursus à « Bioforce Aquitaine ». Nous nous rencontrâmes pour la première fois au forum des associations à Agen. Il rejoignit l’association durant l’été 1988 pour une période de formation. Il se trouvait aux côtés de René Péchard le 2 octobre 1988, et c’est lui qui m’annonça sa mort au téléphone dans la nuit du 2 au 3.

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Marthe et Olivier Dauphin à Montparnasse dans les années 90
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François-Xavier Didelot,
volontaire au Cambodge

Quelques jours plus tard, il s’envolait pour la Thaïlande dans les circonstances difficiles que l’on peut imaginer. Il devait accomplir avec détermination et courage une mission de défrichage qui allait préparer les missions ultérieures.

 Aujourd’hui, l’Institut du Fleuve, privilégie le partenariat avec des jeunes étudiants asiatiques recrutés durant leur séjour en France, mieux à même de mesurer les besoins et, par définition, plus proches des populations concernées. Ce choix, respectueux du principe de subsidiarité, présente l’avantage d’assurer la pérennité de l’action dans un environnement qui a considérablement changé depuis les années soixante-dix. Il en va aussi du respect dû aux jeunes occidentaux dont il est facile de fourvoyer les générosités.


 

Jean-Claude Didelot (Octobre 2008)

 

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